Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 17:10

Time-out.jpg

Time out d’Andrew Niccol (2011)

 

"Time out" est le dernier film du producteur-réalisateur Néo-Zélandais Andrew Niccol, né en 1964. Il n'a pour l'instant que 4 films à son actif (un 5ème, en production), dont le premier "Bienvenue à Gattaca" (1997) stupéfia tout le monde par sa maîtrise et son esthétisme élégant et est considéré par beaucoup (dont votre serviteur) comme un chef d'oeuvre. Son dernier, "Lord of war" (2006) avec Nicolas Cage dans le rôle d'un marchand d'armes international d'un cynisme absolu, est aussi remarquable. 

Je viens de voir "Time out". A la différence de certains critiques, j'ai trouvé ce film excellent. Certes, il est moins abouti que "Bienvenue à Gattaca" qui ne sera jamais surpassé, mais son propos est intéressant et ne laisse pas indifférent à condition de ne pas se laiser arrêter par le fait qu'il est présenté comme un film de "science fiction". Ceux qui me suivent sur ce blog savent quelle réticence j'éprouve envers les classifications hâtives de films. Dans le cas des films dits "de science fiction", je la trouve encore plus inadaptée. En fait, beaucoup de spectateurs se privent d'aller voir un film parce qu'il est catalogué "sience-fiction" et je trouve cela regrettable. En effet, des films comme "Inception", "The adjustment bureau (stupidement traduit en français par "L'Agence", "Minority report" ou le très beau et très désespéré "Never let me go" pour ne citer que ceux-là...) méritent mieux que cette classification réductrice : la science-fiction est un moyen pour l’auteur ou le cinéaste de se projeter librement dans l’avenir et d’imaginer ce que pourrait être une société si nous laissions la technologie nous dicter ses lois, en faisant abstraction de l’éthique et de la morale.

Dans "Time out", on retrouve à la fois le propos de « Lord of war » et celles de « Bienvenue à Gattaca » sur les dangers de l'eugénisme. Dans ce dernier film, la société était coupée en deux : d'un côté les « élus » (les humains sélectionnés génétiquement pour être parfaits et devant lesquels toutes les portes s'ouvraient) et les autres, auxquels étaient réservées les tâches subalternes.

 

 

 

Synopsis

 

« Time out » signifie « Il est temps de… » (sous-entendu « mourir »), ou encore « Le temps est écoulé ». La génétique a permis de garantir à tout être humain de vivre en bonne santé jusqu’à 25 ans (ce qui, soit dit en passant, règle d'uun seul coup les problèmes de la sécurité sociale et ceux de la retraite). A partir de 25 ans, un compteur se déclenche donnant à chacun un "crédit-temps", le même pour tous. Si l'on veut vivre au-delà de ce temps qui vous est alloué, on doit "gagner sa vie" (et, dans le cas des héros du film, cette expression est à prendre au pied de la lettre). Mais l’amoralité de l’être humain fait que, même si les riches sont soumis aux mêmes règles que les pauvres, ils ont su s’organiser pour détourner les règles à leur profit et négocient le temps comme nos financiers négocient l'argent, avec les conséquences que l'on sait. Un tel film n'a jamais été plus d'actualité qu'en ce moment, où tous les commentateurs nous rebattent les oreilles avec la crise économique qui est en réalité la conséquence de la financiarisation du monde et la confiscation des richesses par une minorité.

Dans le monde de "Time out", l'étalon n'est pas l'argent mais le temps. Mais cela revient au même : les pauvres, tenus par l'oligarchie qui édicte les lois, dans une situation de misère permanente, doivent travailler d'arrache pied pour gagner leur vie. Les autres trafiquent : jeu, prostitution, affaires en tout genre…

Les puissants, bien que soumis a priori aux mêmes règles que le commun des mortels (c’est le cas de le dire), ont su s’organiser pour que ces règles ne s’appliquent pas à leur cercle réduit. de privilégiés. Entre eux, ils s’appellent même les « immortels » et vivent presqu’éternellement dans leur ghettos doré, jeunes, riches et beaux pour l’éternité. Des « Gardiens du temps », dotés de pouvoirs illimités et à la solde des puissants sont chargés de faire respecter cet ordre.

  Les choses changent brusquement pour Will (étonnant Justin Timberlake), simple ouvrier dans une usine,  alors qu’au cours d’une soirée dans un bar mal famé, il intervient pour sauver un richissime « immortel », Henry Hamilton (Matthew Bomer). Celui-ci a perdu tout intérêt à la vie dorée et sans intérêt qu’il mène. Alors qu’il est ivre, il est attaqué par des malfrats qui veulent lui "voler son temps". Pour remercier Will de l’avoir aidé,  Henry lui fait cadeau de  son crédit temps et se suicide sans que Will ait pu l'en empêcher. Mais ce genre de fait met en péril l’ordre établi et n’est pas du goût du chef des « gardiens du temps », Raymond Leon (Cillian Murphy) - déjà vu dans Inception - qui remonte la piste jusqu'à Will et l'accuse d’avoir assassiné Henry pour le voler. Malgré tout le capital temps dont il dispose, Will n'arrive pas assez tôt pour sauver sa mère Rachel qui meurt sous ses yeux. Fou de douleur, il décide de se venger des riches « immortels » en pénétrant dans leur ghetto doré en se faisant passer pour l’un d’entre eux. Grâce à son crédit-temps, il se fait inviter à une soirée où il fait la connaissance de Sylvia Weis (Amanda Seyfried) - vue dans Cher John -  la fille d’un riche milliardaire, qui tombe amoureuse de lui et ensemble, ils vont tenter de renverser le système.

 

Certes, le film n’a pas la majesté ni la perfection glacée de « Bienvenue à Gattaca » qui restera, pour moi, un chef d’œuvre insurpassé, aussi bien par son esthétique travaillée, sa symbolique omniprésente, et ses acteurs charismatiques, Jude Law, Ethan Hawke et Uma Thurman. Certes, le scénario de « Time out » n’est pas aussi maîtrisé que celui de « Bienvenue à Gattaca » mais le propos est aussi inquiétant et ce film va bien au-delà d’un simple film d’action ou d'un thriller. Quant au casting, Justin Timberlake, qui m’avait déjà bluffé dans "The Social Network" où il ne tenait pourtant qu’un rôle secondaire, il montre dans ce film où il incarne Will, qu’il est un acteur de talent.  Amanda Seyfried, avec ses yeux immenses, joue aussi bien son rôle de pauvre petite fille riche qui se rebelle contre son père. Quant à Cillian Murphy, son regard glaçant en fait un parfait  "gardien du temps."

 

Un film à voir, et pas seulement pour les amateurs de films de science-fiction.   

 

Outre les films cités ci-dessus, je vous recommande aussi :

 

Par rock07 - Publié dans : SF, fantasy, fantastique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Visites

Recherche

Priceminister

Adhérez à I-Graal

Faites comme moi : adhérez à I-Graal. C'est gratuit et il n'y a aucune arnaque cachée. A chacune de vos commandes chez un de leur partenaires, cela vous rapportera des euros !


Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés