Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 21:53

 

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The Lady de Luc Besson (2011)

 

Je ne cache pas que je suis allé voir « The lady », le dernier film de Luc Besson, un peu à reculons et uniquement parce qu’il traitait de la vie d’Aung San Suu Kyi, l’opposante birmane. En effet, cela fait longtemps que la trajectoire du réalisateur de Subway (1985) et du Grand Bleu (1988), qui ont été et restent parmi mes films-culte, m'est devenue étrangère. En effet, outre le fait qu’il n’a pas produit ou réalisé un seul bon film depuis ces deux magnifiques réussites, à part « Léon » (1994), auquel je reproche sa violence complaisante, ses autres films ont été pour moi soit des ratages complets (Atlantis, 1991, qu’on attendait comme une suite du Grand Bleu est un sous « Monde du silence »), soit des films tout juste passables malgré les gros moyens mis pour les réaliser (« Le Cinquième élément », 1997 est un mauvais film de science fiction; « Jeanne d’Arc », 1999 est un pensum) sans parler d'« Angel-A » (2005) ou de la pénible série d'« Arthur et les Minimoys » (2006 à 2010). Bref, j’avais totalement perdu le contact avec Besson en tant que réalisateur depuis ses réussites du début.

 

En tant qu’homme, il m'était encore plus devenu insupportable en raison de ses prises de position en faveur de la loi Hadopi, à laquelle je suis farouchement opposé car elle contribue au "flicage" de notre société, de son ignoble procès contre la décapante revue de cinéma Brazil, et surtout ses amitiés politiques (pro Sarkozy). Bref, nous n’étions plus du tout sur la même longueur d’ondes depuis bien longtemps.

 

C’est ce qui explique ma réticence à aller voir ce film. Je dois cependant reconnaître que c’est un film magnifique et j’encourage ceux qui ne l’ont pas vu à aller le voir.

 

Le film

 

The Lady est une co-réalisation franco-britannico-malaisienne mettant en scène Michelle Yeoh dans le rôle de Aung San Suu Kyi et David Thewlis dans celui de son mari anglaisMichael Aris, professeur à l'Université d'Oxford.

 

Synopsis

 

Le film décrit la vie d’Aung San Suu Kyi, chef de l’opposition au régime militaire birman depuis 1990, date à laquelle, revenue en Birmanie pour assister sa mère mourante, elle a été portée à la présidence du parti d’opposition, La ligue nationale pour la démocratie, qui a gagné haut la main les élections générales organisées contre sa volonté par la junte au pouvoir depuis 1962 mais s'est vue privée de sa victoire par la junte.

 

Le film commence par l’assassinat du père d'Aung San Suu Kyi, héros de la lutte de son peuple contre l’occupant anglais, alors qu’elle avait trois ans, puis son retour à Rangoon pour soigner sa mère mourante, et ensuite sa longue lutte pour le retour de la démocratie dans son pays. La partie la plus émouvante est celle où son mari, un universitaire anglais, lui fait obtenir le Prix Nobel de la Paix (1991). Assignée à résidence, elle ne peut qu’entendre sur un transistor (l’électricité lui ayant été coupée) le discours de remerciements que son fils aîné prononce depuis Oslo. Le film s’interrompt en 1999 à la mort de son mari qui s’éteint d’un cancer à Oxford. Jusqu’au dernier moment, elle et lui font des demandes pour se revoir avant l'échéance finale mais toutes sont impitoyablement rejetées.

 

Seule une brève annonce faite avant le générique de fin parle pas des derniers développements de l’affaire. Depuis novembre 2010, l’assignation à résidence d’Aung San Suu Kyi  a été levée. En décembre 2011, elle a reçu Hillary Clinton et de nombreuses personnalités occidentales lui ont rendu visite (dont l’ambassadeur de France pour les droits de l’homme). La Birmanie est cependant toujours sous le contrôle de la junte militaire et la liberté ne fait pas encore partie de la vie quotidienne des Birmans. Ce film n’apportera bien entendu ni la libération d’Aung  San Suu Kyi ni la démocratie en Birmanie  mais il sera une goutte de plus dans l’océan qui favorisera la prise de conscience des démocrates du monde entier dans cette direction. Dans ce sens, la notoriété internationale de Luc Besson (y compris à travers ses films que je n’estime pas), peut jouer un rôle non négligeable.

 

L’actrice qui joue le rôle d’ Aung San Suu Kyi,  Michelle Yeoh, est  de nationalité malaisienne. Bien qu’elle ait derrière elle une carrière d’actrice importante (plus de 30 films), elle était surtout connue jusque là pour ses rôles dans des films d’action ou de seconde zone. Elle est extraordinaire dans le rôle d’Aung San Suu Kyi, aussi mimétique que l’avait été  Helen Mirren dans celui de la reine Elisabeth dans «  The Queen » de Stephen Frears.

 

Tournage


Les premières images du film ont été tournées pendant l’été 2010 en caméra numérique et en secret en Thaïlande car le réalisateur craignait que, s’il révélait son projet, les autorités birmanes ne fassent pression sur la Thaïlande, pays à peine plus démocratique que la Birmanie, pour interrompre le tournage. Puis, il y est retourné, entouré d’une équipe plus conséquente, à l’automne 2010 pour finir de tourner les images complémentaires, l'incrustation des scènes avec les acteurs devant se faire ensuite en studio en France. Une partie du film a aussi été tournée à Oxford et dans les studios français de Bry-sur-Marne.

 

Le 22 juin 2011, l’actrice  Michelle Yeoh, arrivée à Rangoon, s’est vue expulser du pays sans autre explication et on lui a annoncé qu’elle faisait désormais partie de la « liste noire » des personnes interdites de séjour en Birmanie.

 

Impact du film

 

Il est encore trop tôt pour connaître l’impact du film dans le monde. Espérons, non pour grossir le portefeuille de  Luc Besson, déjà très bien garni, mais pour la notoriété d’ Aung San Suu Kyi et de son combat, qu’il servira la cause de la démocratie partout dans le monde où elle est insuffisante et particulièrement en Birmanie. Je ne sais pas ce que le réalisateur-producteur compte faire des bénéfices engrangés par le film, car il ne fait pas de doutes qu'il y en aura. Je lui suggère de les reverser à une organisation non-gouvernementale  qui lutte pour la démocratie et les droits de l'homme.

 

 

Par rock07 - Publié dans : Biographie/Biopic
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