Dimanche 22 août 2010
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19:00
Avec Tobey Maguire avant qu'il ne devienne Spiderman.
Un ado, fan d'une sitcom des années 50 en noir et blanc, où tout est merveilleux rêve de se retrouver dans sa série favorite où tout est parfait : le mari travaille, quand il rendre du travail, sa femme à la mise en plis impeccable l'accueille avec un drink, le frère et la soeur sont des enfants modèles, bref, un monde idyllique très différent de celui de David, adolescent moyen, naïf, rêveur, qui passe sont temps à se chamailler avec sa soeur jumelle, Jennifer, impertinente et branchée, qui vit à fond son époque.
Jusqu'à ce qu'un étrange vieux bonhomme, qui se présente comme un réparateur de télé, ne donne à David une bizarre télécommande qui va les projeter, lui et sa soeur, à l'intérieur de la série. Les voilà obligés de vivre à Pleasantville. Au début, David est ravi. Sa soeur bien entendu déteste et le rend responsable de la situation dans laquelle ils se trouvent puis, à la différence de son frère, elle y prend goût. Au contraire, David, qui aurait dû être enchanté de cette situation, se rend très vite compte que tout n'est pas aussi parfait, à Pleasantville, qu'il le croyait : non seulement on n'y trouve pas la technologie à laquelle il est habitué dans son monde mais ils s'aperçoit aussi que Pleasantville n'est rien d'autre qu'une apparence, un décor de cinéma. Mais il n'y a pas que cela : tout y est figé, immuable, et faux, y compris les sentiments. On a une curieuse impression devant cette situation complètement artificielle. Le film fait un peu penser à la série culte anglaise "Le Prisonnier" avec Patrick McGoohan où, inlassablement, la même situation se répète à l'infini. En réalité, Pleasantville, au lieu d'être un rêve, est un cauchemar.
David ne peut supporter cela et il essaie, en toute bonne fois, de faire évoluer ce monde. Et Pleasantville commence à changer. Ce changement se traduit par l'arrivée de la couleur dans ce monde où tout était jusque là en noir et blanc. Le changement est discret au début : cela commence par une rose dans une haie, puis ce sont les vêtements qui se colorent, puis les enseignes... et enfin les personnages. Et en se colorant, ils changent aussi : leurs sentiments changent et le petit monde parfait est remis remis en question.
La réaction de Pleasantville est brutale. Comme tout organisme qui se sent agressé, remis en question, il fait bloc et se défend contre les intrus et tout changement, même modique, qu'ils apportent avec eux. Les intrus, le frère et la soeur, sont considérés comme de dangereux révolutionnaires car Pleasantville ne veut pas, ne peut pas changer.
Un film qui fait réfléchir : bien au-delà d'une simple comédie loufoque, il est une fable sur le racisme, sur la remise en question des idées acquises, sur le danger, pour une société établie, de penser et d'agir différemment, etc.
Esthétiquement, le film est aussi un chef d'oeuvre grâce au passage insensible du noir et blanc à la couleur. Je ne sais pas si le procédé a été utilisé ailleurs. Ici, ce n'est pas une simple technique de réalisateur mais cette innovation est indissociable du film.
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