Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 18:36

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BRIGHT STAR de Jane Campion (2009)

 

            Je me délectais de voir enfin (en DVD) ce film car je l’avais raté lors de sa sortie au cinéma. Pas parce que j’avais aimé les précédents films de la réalisatrice néo-zélandaise (et non australienne, comme on le lit souvent par erreur). « La Leçon de piano », particulièrement, malgré sa palme d’or à Cannes en 1993, m’avait laissé le souvenir d'un film long et inutilement cruel. Je pensais que, grâce à Bright star, je changerais d’avis sur la réalisatrice. Hélas, trois fois hélas, « Bright star » m’a paru encore plus ennuyeux et insipide que « La leçon de piano », la cruauté en moins. Certes le film est esthétiquement très beau, les images sont léchées, d’un esthétisme compassé mais une succession de belles images n'a jamais suffi à faire un bon film. Les (très) beaux plans de nature ou la douceur des éclairages n'adoucissent pas ce sentiment. Jane Campion confond la délicatesse et la niaiserie et fait d’une histoire qui aurait dû toute inspirée de romantisme une narration décevante, un pensum dont ne se dégage qu’un ennui profond.

Je veux bien aussi que nous soyons dans une époque où la morale la plus étriquée règne en maître sur une société engoncée dans ses convenances mais nous avons vu bien d’autres films qui se déroulent à la même époque sans pour autant tomber dans les excès de ce film : les personnages sont ici tellement empruntés, si bizarrement attifés dans des costumes ridicules et étriqués qu’ils en deviennent totalement ridicules. On a l'impression qu'on les a cousus dans des costumes trop étroits où ils ont du mal à respirer. C'est peut-être l'effet recherché par la réalisatrice mais trop, c'est trop : on a plutôt envie de les secouer et de leur crier : « Mais, non d’un chien, remuez-vous ! Bougez ! Arrêtez de vous prendre la tête (et la nôtre avec!!!). Si vous vous aimez, dites-le, criez-le et… faites-le ! »

Le plus terrible est que dans un film où les sentiments romantiques devraient être exacerbés par le sort tragique dont on sait qu'il attend les héros,  je n'ai pas ressenti la moindre émotion, ce qui est un comble pour un film où l'écueil aurait justement été de tomber dans le pathos. Mais rassurez-vous, vous ne risquez pas d'user vos réserves de kleenex avec Jane Campion, ni d'ailleurs celle de somnifères.

Quant aux acteurs (mais ce n'est certainement pas leur faute), Abbie Cornish est tellement insipide qu’on aurait bien du mal, si on la croisait dans la rue sans ses vêtements hideux, à la reconnaître. Pour Ben Whishaw, c'est différent. Il colle assez bien au personnage de Keats. Il avait déjà montré qu'il pouvait assumer des rôles difficiles en jouant le personnage de Grenouille dans l’adaptation, à mon avis totalement ratée, du chef d’œuvre de Suskind, Le parfum. Il n’a vraiment pas de chance avec ses réalisateurs. 

En conclusion, rien de "brillant" dans cette étoile-là. Le résultat est un film assommant à vous vacciner définitivement contre la poésie romantique anglaise en général et celle de Keats en particulier (qui mérite pourtant beaucoup mieux que cela, à condition de la lire dans le texte et non de la découvrir à travers les traductions ampoulées que l'on en donne dans la version française). Pour une fois, je rejoins volontiers la critique acerbe des « Inrock » qui ouvrent enfin les yeux et s’interrogent sur la valeur réelle de la réalisatrice : « Et si on s’était trompé sur Jane Campion ? Et si on l’avait vue plus géniale qu’elle n’est ? (…)»

 

 

Voyez plutôt :

 

 

Par rock07 - Publié dans : Drame
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