Jules (Frédéric Andréi) est un jeune postier de 18 ans, fou d'opéra, qui voue une admiration sans bornes à la grande chanteuse lyrique Cynthia Hawkins (Wilhelmenia Wiggins Fernandez). Lors d'un concert qu'elle donne à l'opéra Garnier à Paris, il réalise un enregistrement pirate de sa pretation. Après le concert, il s'introduit dans sa loge pour lui voler l'une de ses robes de scène. Deux Taïwanais sont également là et ils poursuivent Jules pour lui voler son enregistrement et le commercialiser dans le monde netier car la cantatrice, perfectionniste jusqu'au bout des ongles, s'est, jusque là, toujours refusée à autoriser l'enregistrement de sa voix.
Une autre histoire se mêle à la première : juste avant d'être assassinée devant la gare Saint-Lazare, une jeune femme, Nadya Kalenski glisse, dans la sacoche de la mobylette de Jules, une cassette qui dénonce la responsabilité du commissaire Saporta en tant que chef d'un réseau de prostituées. Après une course poursuite époustouflante à mobylette à travers Paris, Jules, poursuivi à la fois par les asiatiques qui veulent s'approprier l'enregistrement de la cantatrice et les malfrats aux ordres du commissaire véreux, finit par échapper à ses poursuivants en se réfugiant dans le loft où vit Serge Gorodish (Richard Bohringer) et sa troublante amie Alba (Thuy An Luu) qui le débarasseront de ses annemis en les retournant les uns contre les autres.
Dans l'intervalle, Jules se présente à l'hôtel de Cynthia pour lui restituer sa robe. D'abord furieuse contre lui, elle est séduite par la fragilité du jeune homme qui l'emmène à sa suite découvrir Paris (la scène du parc est tout simplement sublime). Cynthia lui pardonnera d'autant que, lors de la dernère scène, alors que Cynthia est en train de répéter sur la scène du Châtelet, il lui rendra aussi la cassette dont il aurait pu tirer une fortune s'il l'avait cédée aux taïwanais.
Le film s'apparente, par son thème et sa construction, aux polars noirs américains, à la différence que la couleur y joue un rôle de premier plan. Son ambiance est volontairement étrange et fait penser à Raymond Chandler par son côté déjanté mais aussi aux peintres surréalistes. Le film annonçait aussi la naissance d'une nouvelle manière de tourner, mêlant onirisme et réalité, qui privilégient le décor, l'image, le détail, au détriment de la cohérence et s'attachent davantage au pittoresque des personnages qu'à leur vraisemblance. N'oublions pas non plus que ce film fut le révélateur de l'acteur Richard Bohringer, dans le rôle d'un esthète un peu cinglé vivant dans un immense loft aux tonalités de "Grand Bleu".
Par contre, le héros du film, Frédéric Andréi, qui jouait le rôle de Jules le facteur, n'a pas eu la carrière qu'il méritait. Bien qu'il soit resté dans le métier, il n'a, depuis, interprété que quelques petits rôles au théâtre et au cinéma. Il s'est aussi essayé à la réalisation.

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